Patrimoine de Pays
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Mémoire d'un
Passé
© Berry-Passion

Le puits...
Puisatier et
Puissier
Architecture
Restauration
Symboliques et croyance populaire
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Dans les campagnes, avant la dernière guerre, rares étaient les demeures qui possédaient l'eau courante. Aussi, dans la plupart des foyers, on devait aller chercher l'eau au puits (nommé également "porteur d'eau", "le verse-eau") le plus proche, une corvée pénible, laquelle était souvent réservée aux femmes. En effet, il fallait en déployer des efforts pour remonter les sceaux remplis d'eau accrochés au bout de la chaîne ou de la corde qui s'enroulait autour de la poulie en bois, mue par une manivelle. Pour porter les sceaux d'eau, on s'aidait d'une sorte de joug appuyé sur le cou ... Bonjour les cervicales ! En société villageoise et dans les bourgs, ces puits étaient le plus souvent installés aux carrefours ou sur les places. Ailleurs, on les retrouvaient au centre des hameaux, voire à proximité d'un champs. Dans sa symbolique-même, le puits est à mon sens un symbole de paysage, symbole de force et d'énergie que l'on puise, symbole de chance et n'y vois pas la négativité dans la mesure où placé non loin d'une demeure ou sur la place d'un village, alimentait en eau toute une famille. Beaucoup de ces puits devenus inutiles, ont été laissés à l'abandon, et certains disparaissent sous les herbes folles et les ronces qui les condamnent à brève échéance à la disparition. D'autres, heureusement, demeurent en parfait état, et lorsque ce n'est pas le cas, se voient restaurés par leur heureux propriétaires car en fait, un puits traduit une puissante symbolique... Saviez-vous par exemple que certains puits à forme carrée, symbolise le paradis. Certains tableaux du début de la Ière Chrétienne représentent d'ailleurs le puits qui se dressait dans le jardin d'Eden et dans lequel quatre fleuves prenaient leur source. |
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Nombreux sont les tableaux
représentant la scène de personnes puisant de l'eau. Toutefois, et au même
titre que les crucifix, les lavoirs et colombiers, mon but n'a pas été de
recenser tous les puits du Berry, attendu qu'il y avait autrefois un puits
sur chaque commune, comme les lavoirs par ailleurs.
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Malgré quelques variantes, on peut diviser les puits du Berry en deux catégories, soit couverts ou fermés, soit ouverts. Le puits le plus anciens semble être celui à margelle ras du sol sans mécanisme, la traction se faisant via une corde. Les diamètres n'ont guère bougé, sauf cas exceptionnels du XVIIème siècle au XIXème siècle.
Cette personne avait pour
vocation de creuser les puits dont le village avait la nécessité. Le brave
personnage faisait donc son trou, comme on dit. Généralement, il se
faisait en juillet, autrefois, période s'annonçant d'un bel augure, à tel
point que personne ne voulait croire à la menace d'un orage. Un puisatier autrefois, ne demandait pas l'assistance d'un sourcier pour cela, au contraire, il doutait du prétendu fluide des devins menés à la baguettes... toute magique soit-elle. L'œuvre du puisatier est sensible à celle de l'archéologue d'une certaine manière, il s'agit de "fouille". A partir de quoi le puisatier mène un conduit. Son attirait comprenait deux sortes d'outils : ceux de surface et ceux de fond. Puis, une pioche, une fourche et une pelle pour le haut, une barre à mine, un burin et une masse pour le bas. Il y avait généralement la benne (le sceau à décombres), le treuil ou la chèvre, quelques planches et, enfin, une corde bien solide qui permet de descendre dans les profundis et d'en remonter. En fait, aucune échelle n'était utilisée. En général, un puisatier ne terminait jamais seul, il se faisait toujours aider d'un compagnon, tellement la tâche était pénible. En premier lieu, dans les sous-sols superficiels (couches) d'où on dégageait un trou large d'un bon mètre cinquante, dont le pourtour se voyait ensuite renforcer d'un moellonnage circulaire et épais d'environ vingt-cinq centimètres. La pierraille atteinte, plus besoin de parement et le diamètre de l'enfonçure était alors réduite à un mètre. Et tour à tour, le puisatier aidé du compagnon, piochaient, piquaient, pelletaient jusqu'à toucher l'humidité. Toutefois, ils évitaient les dénivelés de terrains en prospectant les niveaux qui paraissaient pour le moins suspects. Quand un banc d'argile semblait très important, ils disposaient une couronne de planches verticales qu'ils assuraient avec des demi-cintres en fer bloqués par une énorme vis.
Il paraît que jadis, le
travail était consolidé à la hâte. Le travail devait être rapidement
stabilisé dans la journée, sans attendre, car la coulée d'argile pouvait
menacer de reboucher le tout durant la nuit.
Parvenu au roc, le fouilleur
empoignait le long manche de sa barre à mine et forait alors la cavité
destinée à recevoir la charge explosive. Du temps du père, dit-il, les
puisatiers ne se servaient que d'une poudre noire de médiocre efficacité.
Souvent, rien ne pétait à cause de la mouillure. Les puisatiers grattaient
quelquefois le rocher, un après-midi durant, sans avoir réussi à sortir un
malheureux sceau de rocaille !
Le puisatier savait qu'il
avait atteint la nappe phréatique quand les parois se mettaient à suinter
et que le fond ruisselait. Il devait encore approfondir le boyau d'une
cinquantaine de centimètres pour que le puits soit "reçu", pour qu'il "se
mette à l'eau". |
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Il s'agissait du droit de
passer à pied seulement, le long du cellier du vendeur pour se rendre à
son jardin et puiser au puits commun...
On pourrait aussi citer le droit de passage via l'intérieur d'une ligne de bâtiments, par un couloir pour se rendre dans un jardin situé en façade arrière d'un alignement bâti, où les droits sur un puits commun à sept usagers de La Celle dans le Cher. |
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Sagonne (Cher) : ancien puits à margelle
basse |
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En Berry vous découvrirez
divers sortes de puits, tels :
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Puits à simple margelle
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ce petit bâti se construit par la base, et le matériau utilisé est généralement en pierre, ou recouvert de schiste. La gueule du puits était recouverte d'un toit conique, lequel s'ornait traditionnellement de joubarbe, cette plante dont les feuilles un peu grasses étaient recommandées contre les panaris... |