Destin
d'un moulin

 

 

 

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La France d'autrefois était hérissée de moulins. Le géographe César François Cassini (1714-1784, dit Cassini III), qui établit les premières cartes scientifiques du pays au XVIIIe siècle, se servit d'eux comme principaux point de repère. En 1809, un recensement ordonné par Napoléon Ier, comptait mille moulins pour vingt-neuf millions d'habitants (soit en moyenne un moulin pour trois cents habitants, dont seize mille moulins à vent.


Aujourd'hui, on estime qu'il reste trois mille moulins à vent et dix mille moulins à eau sur le territoire français.
A l'heure des techniques de pointe, inaccessibles au commun des mortels qui régissent notre univers, il est des paysages et des images coulés dans une sacro-sainte nature, dont l'homme ne saurait se passer pour préserver son équilibre, pour raviver la flamme du souvenir des hommes et d'un ancien métier, celui de la minoterie.

Puis, dans ce retour à la vie d'autrefois, les moulins pourtant plaque tournante et pièces maîtresses à la société traditionnelle et paysanne, sont à mon sens trop souvent laissés pour compte du patrimoine rural, pour ne pas dire laissés aux oubliettes, parmi ruines ou gravât de pierres. Partant à la rencontre de ces faiseurs de paysages, sur cette route des moulins proposée sur le site, je ne vous cacherais pas que je suis également écœurée  de constater la façon dont on traite ce patrimoine-là, en voyant les pierres de ces moulins devenir ruines, des moulins plus dignes de ce nom et leurs symboliques images n'être plus pérennisées. Heureusement, une journée patrimoniale et nationale leur est consacrée chaque année. Doit-on penser qu'un seul jour ou un seul été suffise à raviver cette mémoire collective, cette immense source époustouflante de témoignages et d'humanité ?

Autrefois, la civilisation n'existait que par un minutieux balisage. De témoignages poignants en expressions d'un temps révolu où les hommes consacraient alors leur patience, leur présence et leur existence à apporter de l'eau à leurs moulins et faire tourner les ailes de nos profondes campagnes. Et enfin, les poètes ! Aussi inspirés que passionnés par ces âmes, ces identités incarnées de ruralisme. Aujourd'hui, ce destin de moulin vissé à la terre, ne nous appartient-il pas aussi un peu, lorsque laissé à l'abandon ?

Les moulins sont parfois victimes d'une grande injustice, toutefois, pendant des siècles, ces monuments jugés dignes d'intérêt ponctuèrent le paysage, au point que Cassini, l'auteur des premières cartes de France établies scientifiquement au XVIIIe siècle, utilisa les moulins à vent comme principaux points de repères. À présent, rares sont ceux qui figurent sur nos cartes régionales, sur les topos et autres guides touristiques. Par exemple, s'ils sont en ruines ou dans un site exceptionnel, ou s'ils ont été transformés en musée, en gîte d'étape ou en demeure particulière, ce n'est qu'en vous rendant sur place, comme nous l'avons fait pour ce site, que vous vous en rendrez compte car autrement, quant au pictogramme des guides touristiques... Rien pour nos moulins !

Il semblerait nécessaire d'en recourir aux associations de sauvegardes du Patrimoine, et puis, à la journée des moulins qui a lieu toujours en Juin. pour les découvrir, aller à leur rencontre et même en cela, ce n'est pas gagné chez nous et parfois même, c'est couru d'avance. À mon sens, les moulins, machines ancestrales, mériteraient pourtant une reconnaissance universelle. C'est mon sentiment, est-ce à dire que c'est aussi le vôtre ?

Muriel Azémard

                                                  

 

 


 

 

 


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