Moulin à vent de Villiers
à Chassy -
Le Cher
 

 

 

 


Dans le Berry, nous avons encore quelques jolis moulins comme celui-ci, à vent ou à eau  à découvrir, si bien que nous pourrions leur consacrer à eux seuls quelques itinéraires qui à mon humble avis, valent aussi plus d'un détour. Si j'ai déjà mentionné quelque part que ces moulins sont des faiseurs de paysages, qu'ils illustre notre patrimoine rural et ont quelque chose de mythique, certains d'entre eux sont encore très prisés et ouverts aux visites. Celui -ci peut se visiter.

Le moulin de Chassy est situé à proximité du château et des jardins de Villiers dans le Cher.
Les ailes de ce moulin étaient autrefois baptisées "les Demoiselles". Quelle est l'origine de  cette aimable désignation ? Le meunier avait-il quatre filles ? Le froufroutement de la toile qui habillait les ailes rappelait-il celui de la gracieuse libellule ?


D'accord, cette photo sera peut-être pas du meilleur goût pour certains d'entre vous! Cependant, il n'en est pas moins vrai que cette architecture rurale était à observer également dans une perspective différente.

Dans le fond, que nous conte l'histoire des moulins ?
Sans aucun nul doute, un symbole, du vécu en milieu rural, parfois un privilège soigneusement préservé. C'est un peu de cette histoire que je vous invite à retrouver dans cette rubrique du site.

Le Moulin à vent de Villiers. Sa construction remonte à la première moitié du XVIe siècle. L'exploitation du moulin cessa pendant l'entre-deux guerres. Restauré en 1985, il est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques. Sa toiture pivotante permet d'orienter les ailes du moulin face au vent.

 

 

 

 

Les moulins à vent furent les premières machines à énergie gratuite et contrôlée. En fait, on n'a jamais fait mieux! Les moulins à eau, dans leur forme la plus ancienne sans approvisionnement, à multiple niveaux, attirent les peintres romantiques... tout autant que les agriculteurs. Généralement, les sites y sont particulièrement agréables, bien que pas toujours d'accès facile et cependant, se sont tous des édifices à admirer, au coeur de scènes champêtres.

Les moulins à vent sot d'un ingénieux mécanisme. Revenons simplement sur les ailes. Celles-ci ne sont pas entoilées mais le charme n'en ai pas moins resté intact. Les ailes de moulins pouvaient avoir jusqu'à 12 m de diamètre, ce qui sommairement représente la hauteur d'un immeuble de quatre étages...

Puis en 1845, Berton inventa un système à planches orientables. A partir de cette époque, de nombreux moulins seront équipés de ces systèmes, car la puissance éolienne qu'ils permettaient de développer était étonnante : convertie en mesures actuelles, elle équivalait à 2250 kilogrammètres pour 62 m2 de surface de voiles.




Les ailes ... Tout un symbole !

On se souvient du filme "Les chouans" (avec Philippe Noiret et Sophie Marceau), dans lequel les insurgés vendéens communiquaient sur l'avance des"bleus" uniquement par la position des ailes des moulins. Leur langage est universel :

* Quand les ailes étaient autrefois en "jambe de chien gauche" (inclinées à 30° sur la verticale), il fallait traduire : "allez cacher vos femmes et dispersez vos troupeaux, l'ennemi arrive". Jambe de chien à gauche ou venante, il s'agissait d'heureux évènements dans la famille du meunier.

* La position "jambe de chien à droite" ou portante annonçait un deuil dans la famille du meunier.

* En position de "quartier" ou croix de Saint-André, et fleuries aux extrémités, cela voulait dire "mariage dans la maison".

* Les ailes disposées en croix verticale et horizontale indiquaient "Abandonnez vos terres on a besoin de vous"

* La position dite "bout au pied' ou croix grecque, c'est la position repos pour une courte durée  (voir la photo en haut de cette page).

Le plus souvent, le meunier mettait les ailes en position de Croix de Saint-André afin d'éviter une déformation de leurs vergues. Or des périodes de vent, les ailes étaient tournées à l'aide de l'âne de service,  ceci pour que les tensions restent les mêmes sur les quatre branches.

 

 


Les ailes à toile

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, chaque aile, constituée d'une verge médiane, ou axe, supportant des barreaux transversaux encadrés du côté extérieur par un cotret (ou longeron), fait penser à une longue échelle double. Généralement au nombre de quatre, elles sont tendues de deux toiles chacune. L'entoilage se fait de différentes façons. Le meunier grimpe successivement aux quatre ailes pour les garnir de toiles. Il faut donc que leurs extrémités restent accessibles. Toutes les manoeuvres de déploiement ou  resserrement des toiles sur les ailes, se font à partir du sol, moulin à l'arrêt.

 

 

Le moulin à vent aurait été inventé en Perse au VIIe siècle, il n'apparut dans notre pays que beaucoup plus tard et son utilisation au coeur de la France ne daterait que du XIIe siècle. Dans le haut Moyen-Âge, seuls les seigneurs et les abbayes ont la possibilité de construire un moulin et toute la communauté rurale va en bénéficier. Toutefois, il exista des petites meules clandestines qui évitèrent le paiement de la redevance...
Le moulin préfigure le moteur universel, apte non seulement à moudre les grains mais, aussi à fouler les draps, scier du bois et plus tard, actionner les marteaux et les soufflets de la forge.

Pays d'agriculture et d'élevage, producteur de blé et riche de la laine réputée de ses moutons, le Berry dispose très tôt de moulins à eau et à vent indispensables pour mettre en oeuvre ses matières premières. On sait qu'en 1012, le vicomte de Bourges accorde deux moulins à eau à l'abbaye de Saint-Ambroix, dont un à Taillegrain, non loin du futur hôpital général; les Moulins Le Roy sont construits au cours du siècle suivant.

Le Berry dispose d'une grande densité de cours d'eau et on peut estimer au début du XVIIIe siècle, à près d'un millier le nombre de moulins à eau, alors que les moulins à vent sont estimés à plus d'une centaine sur l'ensemble de la région.

 

 

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