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Le moulin des ménages qui avait l'avantage de moudre chez soi et à la demande, la farine dont on avait besoin. Il offrait le privilège de se passer des services du meunier, ainsi que de l'impôt auquel il était soumis : la banalité  qui a subsisté jusqu'à la Révolution.
La loi a été abolie le 17 Juillet 1793.

 

Moulin préhistorique

Dès qu'il y a eu des hommes sur terre, il y a eu des moulins :

* 1er homme, homme préhistorique
* 1er moulin, moulin préhistorique

composé d'une pierre plate et d'un galet qui permettait d'écraser les graines ramassées dans la nature.

 

Moulin gallo-romain

Deux meules circulaires, environ 80 kg les deux.
Pour disposer et moudre le grain entre elles, il fallait soulever et tourner la première à l'aide de deux poignées que l'on emboîtait en vis à vis. Après avoir récupéré de chaque côté les quelques grammes de farine issus d'un travail de titan, on recommençait l'opération.

 

Moulin romain

Pour éviter une telle fatigue, les romains ont attelé au palonnier de leurs moulins, bêtes et esclaves. Les uns tiraient alors que les autres poussaient. Les meules pouvaient mesurer jusqu'à six mètres de diamètre. Il subsiste des vestiges de ces moulins de torture à Pompéi en Italie.

Ce n'est qu'au IV e siècle que les moulins à eau et à vent sont apparus en Europe. Il a fallu attendre le IXe siècle pour que les seigneurs et le clergé construisent les premiers moulins à fours "Banaux" : nom issu de la taxe dont était redevable chaque meunier exerçant.

 

La banalité

Dès l'époque  mérovingienne, les moulins tombent sous le coup de la loi salique : cette loi germanique, sorte de Code pénal et civil établi au IV et Ve siècles, considère que le moulin appartient au propriétaire d'un grand domaine, châtelain ou abbaye. Dès le Xe siècle, les seigneurs et les abbés s'appuient sur cette loi pour récupérer la manne que représentent les moulins, presque tous à eau. Leur argument est le suivant : seuls les propriétaires des cours d'eau non navigables ont le droit d'en utiliser l'eau. Ils font donc construire de nombreux moulins, et le fonctionnement est confié à un meunier.

Les personnes qui viennent moudre au moulin, paient un droit, appelé le "droit de mouture", qui peut aller jusqu'à un dixième des céréales : le moulin est dit "banal" tout comme l'est à l'époque le four à pain, c'est-à-dire qu'il appartient au ban, la circonscription d'un suzerain.


Un vent de liberté

Au XIIe siècle, certains villageois se rebellent devant l'obligation de s'acquitter  du droit de mouture. L'idée naît d'utiliser la force du vent, en s'inspirant des moulins ailés vus par les croisés en Terre sainte. Le vent est une force de la nature qui n'a pas de maître : "Nul ne peut interdire à personne l'usage du vent", comme l'énonce un édit de l'époque. A l'origine, le moulin à vent s'affirme donc comme une opposition au système féodal traditionnel. Mais avec le temps, certains moulins à vent deviennent aussi banaux.

 

En 1793 :
La Convention supprime le droit de banalité. Des meuniers deviennent propriétaires de leur moulin.

En 1840 :
Invention des ailes Berton à surface réglable, grâce aux planches semi-automatiques.

En 1889 :
Les cylindres métalliques remplacent les meules.

En 1920 et suite :
Les moulins disparaissent, ils sont remplacés par les minoteries industrielles.

En 1935:
L'État fixe pour chaque moulin le contingent, quantité maximale de blé à moudre. C'est la mort des petits moulins.

 

 

 

Les outils

 

 

 

Autrefois, les travaux des champs étaient tous réalisés manuellement.

Épervier :

Voilà maintenant le meunier braconnier !
Il n'était pas rare de manger truites, brochets ou anguilles aux tables des moulins. Il est vrai que le meunier n'était pas trop respectueux des moins. Il appâtait un coin avec du blé pour attirer le poisson, et lançait d'un large mouvement circulaire l'épervier. Il ne restait plus qu'à resserrer les filins pour fermer la poche, et du même coup ralentir la pêche. Il suffisait de laisser cette prise amarrée sur le bord du bief et de se servir à loisir en poissons frais.

Cette réserve n'étant pas méconnue de tout le monde, était tolérée de certains, notamment de la marée chaussée, qui ne perdait pas l'occasion de venir signifier au meunier qu'une plainte de plus venait d'être portée à son encontre. Et, comme par enchantement, l'épervier s'ouvrait, quelques truites changeaient de filet, afin de finir "meunières" (d'où la vraie expression de la truite meunière) dans les assiettes des gendarmes et ainsi, l'incident était clos.

 

 


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