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Des tissus
et des couleurs

Quels sont précisément les tissus employés
et les couleurs préférés des Berrichons ?

 

 

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le tissu utilisé du paysan se fait à partir du chanvre  de sa chènevière et de la laine de ses moutons. Entrant dans la confection de toiles utilisées pour les vêtements et le linge de la maison, le chanvre, fibre textile indispensable cultivée par la plupart des ruraux, est transformé par les tisserands de villages.

Ces tisserands produiront aussi du droguet (nommé aussi drodier, poulangis ou barrage, selon les contrées du Berry), un tissu à trame de laine et chaîne de chanvre très employé pour les vêtements. Le drap reste l'autre étoffe utilisée dans la province. Venues spécialement d'Orléans, des manufactures locales ou d'ateliers de tisserands de village, le drap de laine le plus répandu est teint en gros bleu. On en tire des vestes, des pantalons et des gilets. Mais des documents écrits mentionnent aussi du drap marron, gris, beige ou noir.

A partir du milieu du XIXe siècle, la paysannerie se met à utiliser des textiles variés produits dans les manufactures : coton, coutil, sergé, flanelle, calicot, indienne, prunelle, guingamp, velours, incarnat ou circassienne commencent à pénétrer dans les campagnes par le biais du colportage ou du commerce effectué par les marchands installés dans les bourgades.

Le choix de la couleur dépend de la mode, mais aussi du goût des individus, des spécialités produites par le tisserand et les teinturiers locaux. Si les couleurs de la toile varient du gris au bis, allant même jusqu'au blanc après des lavages répétés, celles des droguets suivent un éventail très large selon la plante tinctoriale utilisée. Les bleus servaient à la confection de vestes, gilets et pantalon, mais on trouve aussi des roux, gris ou bruns pour les mêmes usages.

A partir des années 1880, influencé par les modes bourgeoises et urbaine, le vêtement perd son caractère régional et tend vers une uniformisation. Seule la coiffe résiste, encore largement portée en 1914.