Par l'historique qui vous est présenté, arrêtons nous quelques instants sur le destin d'exception de l'illustre personnage de Talleyrand, prince de génie. En seconde partie de ce chapitre, découvrez le prestigieux château de Valençay, aux travers d'une histoire vivante. |


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L'enfant Charles Maurice de Talleyrand Périgord naît le
2 Février 1754 à Paris.
Il sera tout d'abord meurtri dans sa chair lorsque, tout enfant, un stupide accident le laissera infirme pour le reste de ses jours. Placé en nourrice dès sa naissance, il n'a que quelques mois lorsqu'il fait une chute dont il se relèvera le pied brisé, blessure probablement soignée assez sommairement et qui affligera l'enfant de célèbre pied-bot qui le fit souffrir tout au long de son existence.
C'est bien davantage qu'un accident domestique. C'est en effet un accident du destin puisque cela interdira à l'enfant d'embrasser la carrière militaire que le décès de son frère aîné, faisant de de lui le premier mâle de la maisonnée, devait tout normalement lui ouvrir.
Impropre aux métiers des armes, il se voit condamné à l'état ecclésiastique, ce qui ne lui sourit guère. "On me force d'être ecclésiastique, on s'en repentira", déclare-t-il.
On s'en repentira en
effet!
En 1769, à quinze ans, Chales-Maurice intègre le séminaire de Saint-Sulpice où il restera jusqu'en 1774. Jusqu'alors, il ne semble que l'enfant ait été entouré d'une tendresse maternelle ou familiale particulièrement attentive. On raconte qu'un de ses parents, venu le voir chez sa nourrice, fut littéralement outré de son état de saleté et de dénuement, physique et moral.
Meurtri donc, solitaire aussi, Talleyrand s'employa sans doute à éveiller en lui d'autres séductions que celles du coeur et du corps, celles de l'esprit. Séduction dont, au demeurant, il ne manquait point, ce qu'il
pu vérifier de fort bonne heure, car notre séminariste mène une vie étrange pour un futur homme d'église, et même si les moeurs cléricales de l'époque sont assez lâches, un parfum de scandale plane sur la liaison que le futur évêque d'Autun entretient ouvertement avec Dorothée Dorinville, pétulante théâtreuse. D'autres bonnes fortunes meublent sa vie, sans oublier les plaisirs sulfureux et les longues heures de lectures bien peu religieuses puisque se sont les récits de voyages et d'histoires des révolutions qui ont la faveur de cet étonnant jeune homme.
Le 1er avril 1775, la farce se parachève par les voeux que prononcent, malgré tout, Charles-Maurice, et le 24 septembre de la même année, le voici doté de l'abbaye de Saint Rémi de Reims. Lorsqu'il est ordonné, quatre ans plus tard, il est clair que ce prêtre de hasard n'a qu'une connaissance très approximative de la manière dont on doit dire la messe, mais qu'importe, la qualité de sa naissance tiendra lieu de dévotion et voilà le jeune prêtre promu agent général du clergé de France, mission qui requiert à l'évidence davantage de sens diplomatique que de goût pour la contemplation. Il s'acquittera avec une louable efficacité de cette tâche, établissant notamment un tableau exhaustif de la situation du clergé en France, données qu'il saura utiliser plus tard lorsqu'il défendra le projet de constitution civile du clergé et de la réquisition des biens de l'Église.
Cependant, l'argent, le jeu, demeurent la quête habituelle de ce jeune homme d'église qui aura le soin de ne point se soustraire à la mode du temps qui veut q'on devienne un tantinet franc-maçon. Talleyrand, donc, le sera.
La dame marquante du moment, en quelque sorte, est la comtesse de Falhaut dont il aura une enfant. Des efforts de son père, il obtiendra l'évêché d'Autun, qui ne sera en aucune façon une gêne. Tout au contraire, ce sera l'atout maître pour l'entrée en politique active de ce diplomate né, faiseur de gouvernements. Car c'est en tant qu'évêque d'Autun qu'il sera triomphalement désigné pour siéger aux États Généraux qu'on s'apprête à convoquer.
Au vrai, il n'a séjourné à Autun que le temps de séduire cette bonne ville et ses ouailles. Et comme ce séjour coïncide avec la période du carême, l'hôtel magnifique de l'évêché fait venir chaque jour de Dieppe les meilleurs poissons dont il honorera notables et ecclésiastiques locaux pour lesquels il tient table ouverte.
Les bouleversements politiques des années révolutionnaires vont voir Talleyrand creuser lui-même, avec peut-être bien une secrète délectation, le sillon de cette hargne que certains lui voueront jusqu'à la mort, le regardant comme un traître assoiffé de pouvoirs et de richesses.
Traître, c'est l'accusation dont ses pairs en l'Église l'accableront lorsqu'il défendra le principe de l'assainissement des finances publiques par la mise à disposition de l'État des biens du clergé. Traître encore lorsqu'il se montrera favorable à la constitution civile du clergé. Dès lors, on peut dire que la rupture avec l'Église est consommée, avant un divorce obligé. Peu à peu, l'élan de
1789 se pervertit aux yeux de notre homme qui, progressivement, prend ses distances.
Au début de l'année
1792 une mission diplomatique à Londres lui échoit assez opportunément, l'éloignant de Paris. Et c'est alors pour l'ex-évêque si épris de luxe, le début d'une période d'embarras. Jugé indésirable sur le sol anglais, il se voit chassé, contraint de s'embarquer pour les États-Unis où il séjournera deux années, menant quelques affaires supposées lucratives et une liaison fort spectaculaire avec une femme de couleur.
En
1796, les moeurs politiques ont changé. Elles redeviennent plus conformes à sa conception, c'est-à-dire qu'elles s'orientent nettement vers l'affairisme, la compromission, le flou des convictions et le clinquant des fortunes expresses.
Talleyrand ne peut que briller dans ce marécage, et l'appui de Mme de
Stael, de Barras obtenant qu'il soit rayé de la liste des émigrés, le ramènera à Paris, puis, très vite, au pouvoir. 1797 le voit au ministère des Relations Extérieures. Habile, il s'y enrichit.
Mais bientôt, "Napoléon perce sous Bonaparte". Talleyrand sent le vent, il apporte son soutien à la préparation du coup d'état de brumaire. IL sera la diplomatie des débuts de l'ère nouvelle.
Coté
privé Talleyrand épouse sa somptueuse maîtresse, Madame Grand. Et, en 1803, il devient propriétaire du domaine de Valençay qui doit devenir l'écrin magnifique des menées diplomatiques du maître des lieux et qui sera plus tard la geôle dorée des princes espagnols, prisonniers de l'empereur.
En 1806, Talleyrand est fait prince de Bénévent, mais déjà, favorable à un équilibre entre les puissances européennes, et don à une entente avec l'Autriche, il s'éloigne de Napoléon. Trahison, le mot à nouveau, revient sur les lèvres et Napoléon prononcera la disgrâce de son ex-ministre et grand chambellan. L'empire vit ses dernières heures et Talleyrand attend son heure.
1884, les armées des puissances alliées contre l'Empire occupent le pays. Il deviendra de nouveau ministre des Relations Extérieures, il sera l'artisan du traité de Paris, mais c'est lors du fameux Congrès de Vienne que son génie diplomatique trouvera sa pleine expression. Superbement habile, il jouera Castlereagh et Metternicht contre la Prusse et le Tsar, ruinant la coalition et replaçant la France, pourtant à genoux, parmi les grandes puissances.
Après les cent jours, son aura de diplomate s'estompe. La seconde Restauration le fera, certes, président du Conseil et durant cinq ans, il occupera le poste clef d'ambassadeur à Londres. En 1834, il demande à rentrer en France. Là, cédant à l'assistance de son entourage, notamment à la duchesse de Dino, il entame un rapprochement officiel avec l'Église.
Le
tombeau de Talleyrand repose dans la crypte d'une ravissante chapelle située au
coeur de la ville. A ses côtés reposent son frère cadet Archambault, ainsi
que d'autres membres de la famille de Talleyrand Perrigord.
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L'histoire nous dit ceci : "
Ce génie de la politique qui à survécu à l'Ancien Régime, à traversé la
révolution, à servit l'Empire et les Bourbons, décède le 17 mai 1838 à Paris.
Mais c'est à Valençay qu'il retourne le 5 septembre pour
y être inhumé et entreprendre son dernier grand voyage. Ainsi, refermant les yeux sur cinquante années de vie politique active dans un siècle tumultueux qui, peut-être bien, a fini par lui ressembler... |
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Après avoir fait mieux connaissance avec ce que fut l'illustre destin du Prince de Talleyrand, je vous invite à poursuivre, par la visite du château |
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