voici un panorama qui ne manque pas de charme, une singularités de jardins qui devrait enchanter non seulement les amateurs en quête de sérénité, d'espace naturel et vivifiant, ainsi que tout visiteur qui découvrira ces lieux chargés de subtilités et d'émotions. Celles-ci se déclinent sur 135 hectares abritant les travaux de 1500 passionnés de jardins et de culture. Les lieux sont forts agréables à découvrir, à cheminer en une ou plusieurs visites et l'été, il y a les promenades en barques et la fête des Marais.


 

 

 


Par quelques mots d'histoire

L
es marais, vaste ceinture marécageuse qui contribua jusqu'aux temps modernes ( mise en défense de Bourges en 1870) à la sécurité de la ville, certaines parties devinrent la propriété d'abbayes ( par exemple les Prés-Fichaux de l'abbaye de Saint-Embroix, mais la plus grande part, restée en dehors de l'enceinte médiévale, demeura dans son état de marécages, "lieux de tous temps incultes, qui étaient marais, fondrières et cloaques", jusqu'au XVIIe siècle.

En 1618, la ville fut taxée de 60 000 livres pour la subsistance des armées du roi. Ce fut pour elle l'occasion de mettre en vente les marais communaux de la paroisse Saint-Privé. L'adjudication eut lieu le 18 avril 1640 pour la somme de 20 600 livres à un acheteur nommé Pasquier Perduquat pour le compte d'un syndicat formé de Jésuites du collège Sainte-Marie et de divers propriétaire de la ville. Ce syndicat procéda rapidement aux travaux de mise en valeur du site : fossés extérieurs pour délimiter et assécher les terrains, canaux intérieurs, parallèles ou perpendiculaires à la rivière d'Yèvre, pour former des parcelles cultivables, enfin chemins communs de desserte, pour passer à pieds, à cheval ou en charrette.

Les Jésuites demeurèrent propriétaires des marais de Saint-Lazarre, les autres co-acquéreurs se partageant les marais Ribaut. L'opération avait eu pour but de créer une multitude de jardins individuels, loués à des particuliers du faubourg Saint-Privé, ce qui donna naissance à une nouvelle profession de maraîchers ou "maretiers".

La vente des biens nationaux, sous la Révolution, provoqua une multiplication de nouveaux propriétaires qui intensifièrent la culture maraîchère tout au long du XIX e siècle.

Le journaliste-géographe, Ardouin-Dumazet, fut tout surpris en 1901 de découvrir à Bourges "des jardins comparables, pour l'originalité et la richesse, aux hortillonnages d'Amiens et aux lègres de Saint-Omer.

Il se promena en barque" sur le lacis des  canaux, entre les îlots carrés, pleins de choux, de choux-fleurs, d'artichauts, de poireaux et d'autres légumes (melons et tomates et même vigne et pêchers) ". Il y avait alors 120 à 130 maraîchers professionnels, souvent de père en fils, qu'ils possédaient une ancienne confrérie de Saint Fiacre, dont la fête avait lieu le 30 août, sous la présidence de l'archevêque, mais aussi un syndicat professionnel pour défendre leurs intérêts matériels, en particulier réprimer le maraudage et répartir les places au marché.

 

Au tournant du siècle, les marais de Bourges connurent leur apogée. Depuis lors, les perturbations créées par les deux guerres, les modifications des circuits d'approvisionnement, les profonds changements du mode de vie ont fait disparaître la pratique professionnelle des "maretiers" . Mais la culture du marais reste bien ancrée dans les habitudes domestiques de nombreux berruyers.

A l'heure actuelle, les maraîchers professionnels ont disparu pour faire place à des maraîchers indépendants. Les parcelles vont de 300 à 1500 m2. Pour essayer de préserver ce lieu privilégié, cet environnement, les maraîchers se sont regroupés en associations, afin de sauvegarder au mieux ce patrimoine exceptionnel des Marais de Bourges.

 

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