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Quand bien même les réserves connues, ou estimées de nos énergies se chiffrent en volumes apparemment inépuisables, l'inéluctable réalité fait qu'elles sont, à temps, condamnées à disparaître. Au siècle dernier, les moulins berrichons tiraient essentiellement leur force des rivières telles que la Vauvre, L'Arnon, la Bouzanne, le Portefeuille... Les ailes des moulins à vent, comme ceux de Chassy, de Villiers ou de Nouan, tournaient au vent courtois, ou plus violents par les vents d'Ouest.

En 1804, les statistiques du Préfet Dalphonse, dénombrent dans l'Indre 4 moulins à vent, 524 moulins à eau, 11 à tan et 30 à foulons.
Ils sont seulement 210 au début du XXè siècle, 150 en 1936, 11 en 1937, et plus que 3 en activité aujourd'hui. Condamnés par la technicité du progrès, les moulins et la tradition n'ont perdurer. Beaucoup d'entre eux ont sombrés
à jamais dans l'oublie...ou sont devenus ruines. Toutefois, ils représentent notre mémoire culturelle, paysanne, artisanale : un français sur deux est issu d'une famille de meunier parmi ses ancêtres.
Moulins et minoterie en Berry témoignent d'une génération, via ce passé pas si lointain !

Des âmes respectueuses de cette tradition, sont à veiller à la destinée de leur moulin, veillent au grain. Lors de mes périples, j'ai eu réel bonheur à rencontrer quelques unes de ces âmes, se définissent comme étant fidèles à leur terroir, à la mémoire collective. Bel exemple de fraternité entre les hommes et la passion des moulins.

Si les moulins à vent ne tournent plus guère, les moulins à eau continuent à vivre. Ainsi et avec le concours bienfaiteur des pouvoirs publics et collectivités locales, d'initiatives dynamiques pour la sauvegarde de ce remarquable patrimoine, les propriétaires de moulins (par rachat) restaurent, sauvegardent. C'est le cas pour le propriétaire du Moulin de "La Petite Fadette" avec qui je me suis entretenue l'été 2005. D'autres propriétaires aimeraient bien restaurer soit leur roue à aubes, soit un bâtiment, mais le coût de revient (immense) de cette initiative les désarme totalement. Patrimoine sauve qui peut !

Par ailleurs, des journées portes ouvertes quant au patrimoine des moulins, se font chaque année, au troisième dimanche de Juin. Ce jour-là, les moulins  vous ouvrent leurs portes (sur rendez-vous) et la journée s'émaille de démonstrations ancestrales : écraser le grain, mouture de farine, etc.

 

 
   
 
   
 
   
 
   
 
   

A plusieurs reprises, les propriétaires de moulins me confirmèrent le coût de revient pour faire restaurer la roue à aubes de leurs moulins. Vous ne rêvez pas, le prix se situent entre 30 000 et 40 000 euros ! Comment voulez qu'un privé puisse réaliser ces travaux malgré des subventions ?

C'est vrai, qu'il est plus facile d'installer un radar automatique ou un rond-point inutile que de conserver le patrimoine rural qui n'intéresse pas nos élus ou nos technocrates du tourisme, installés à Bercy.

 

 


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